| La Myopathie de Duchenne de Boulogne La myopathie de Duchenne est la plus connue et la plus fréquente des maladies dégénératives du muscle. Décrite il y a plus d'un siècle, son origine est demeurée obscure jusqu'en 1986. cette année-là, des chercheurs américains, profitant des énormes progrès de la génétique moléculaire accomplis depuis 1970, identifièrent le gène dont la modification engendre la maladie. Mode de transmission et localisation du gène Cette grave affection, décrite dans les années 1860 par le neurologue Guillaume Duchenne de Boulogne, est restée très longtemps énigmatique. C'est une maladie héréditaire qui touche essentiellement les garçons. Ainsi le chromosome sexuel X représente le support de transmission de la maladie des mères à leurs fils. En 1979 commence la recherche de la localisation du gène sur le chromosome X et nous découvrons qu'il est porté par le bras court du chromosome X. L'architecture du gène de la myopathie est partiellement identifiée. C'est un gène présent chez tous les humains et dont la modification de structure provoque la maladie. C'est un gène très grand dont la taille est de 2000 kilobases soit 2 millions de nucléotides. L'électrophorèse a permis de l'explorer progressivement et montre que seule une partie du gène détermine la synthèse d'une protéine: la dystrophine. Ainsi nous apprenons que dans la moitié des cas des délétions(disparition d'une séquence d'ADN) sont à l'origine de l'affection et dans les autres cas des mutations ponctuelles(modification d'un nucléotide) interviennent. Du fait de ces altérations, la dystrophine normalement synthétisée à partir des séquences codantes du gène ne peut l'être dans les muscles des myopathes. Une protéine indispensable au fonctionnement des muscles: la dystrophine La dystrophine est associée à la membrane plasmique des fibres musculaires. Cette protéine est situé sur le coté cytoplasmique interne de la membrane; de plus elle forme un réseau sous-membranaire qui consolide la membrane; mais cette protéine est absente chez les myopathes. La dystrophine aiderait la membrane cellulaire à résister aux déformations engendrées par la contraction. En son absence, la membrane serait sujette à des déchirements locaux qui, progressivement, entraînerait la dégénérescence de la cellule et la nécrose du muscle. Les conséquences sur le malade La myopathie entraîne d'abord des anomalies de la marche, des chutes répétées, une démarche dandinante; puis conduit en une dizaine d'années à une impotence quasi-totale. Du fait de l'atteinte des muscles respiratoires et d'une insuffisance cardiaque, la durée de vie est moins longue que la normale . Cette maladie entraîne également une atrophie musculaire inexorable et irréversible associé à une élévation du taux sanguin d'une enzyme musculaire: la créatine kinase Le diagnostic prénatal de la myopathie de Duchenne Il est fondé sur l'analyse de l'ADN. C'est souvent la méthode la plus directe pour se rendre compte d'une modification moléculaire. Mais seulement 60% des myopathes ont une mutation décelable du gène de la dystrophine (gène DMD), soit une délétion (disparition) ou une duplication d'une partie du gène. On pense que le gène des autres malades est affecté par des changements ponctuels de nucléotides qui interrompent son fonctionnement. Dans les familles dont l'un des garçons est myopathe, on recherche si la délétion ou la duplication détectée est présente chez les filles. Le diagnostic prénatal par prélèvement du liquide amniotique ou de villosités choriales permet de vérifier si le foetus est de sexe masculin et s'il est affecté par cette altération génique. Si le malade n'a pas de mutation décelable, une "étude de liaison génétique" est effectuée: on marque le gène DMD situé sur le chromosome X pour vérifier si les filles de la famille ont hérité de ce chromosome défectueux. Mais les résultats de cette analyse restent ambigus. La thérapie génique en reste encore au stade de la recherche
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