| UN TEMPS POUR SOUFFRIR Depuis toujours Il y a un temps pour la semence Un temps pour la moisson Un temps pour naître rire et chanter... Enfin, un temps pour s'éteindre...pour mourir. Ce temps, nul ne l'évite Ni pilule magique Ni folie d'évasion. Rien ne peut empêcher la nuit de surgir la rivière de couler... l'aube de poindre à l'horizon. Je sais... Car pendant des siècles j'ai lutté...foncé cherché le calme et l'oubli en cadence pour retrouver au fil des jours la détresse et l'angoisse au seuil de ma joie. J'ai mal en mon âme lorsque j'écoute le cri des affamés ou le tonnerre qui gronde sauvagement. Je me ronge les ongles et je pleure...inconsolable lorsque mon frère marche la tête basse ou mon ami coupe des liens précieux d'amitié. Je n'aime pas l'hiver et pourtant tout m'arrache à l'été... Je n'aime pas la guerre et pourtant je sombre dans le péché Parfois je hurle mon désarroi hoche la tête et je répète sans cesse POURQUOI? POURQUOI? POURQUOI? Je raisonne, déraisonne Le monde entier me semble bouleversé. Et puis...vient un temps le temps de plonger au creux de la vague le temps de me reposer au coeur même de ma douleur de ma peine, de mon anxiété. Le temps de me relever et de tout recommencer. Les roses me dit-on ne se questionnent guère. Elles parfument l'air et puis meurent sans mot dire à leur fragile beauté. Mais moi ni parfum...ni rose... ni simple animal blessé il est dans ma nature de penser, de tout analyser... Enfin, homme et femme Dieu m'a créé. Je veux donc comprendre l'ouragan les tremblements de la terre la sécheresse du Sahel la maladie qui ronge ma mère l'épidémie, le sida, le cancer le jeune qui ne croit plus en la vie. Un temps viendra... je suppose pour comprendre... OUI! Si un temps existe pour questionner Un envers du temps existe pour les réponses... Je le sens, je le crois, je le sais. D'ailleurs, je connais un homme Qui pour avoir vécu pleinement Un temps d'agonie et de mort ...est à jamais ressuscité! Lysette Brochu Regard de foi / septembre 1985  COMME UN ARBRE J'ai besoin de lumière... Si je suis fermement attachée à mon sol Toujours mariée à la terre Je grandis néanmoins vers le ciel Et je croîs... je mûris en noblesse et en beauté. Par certains jours noirs et sombres de l'hiver Ou certains jours d'automne noyés de pluie Je travaille à l'intérieur Et j'attends patiemment le secours Avec incertitude mais grande espérance. Je ne commande pas à la nature Je collabore avec elle. Comme un arbre J'ai mes saisons Mes forces Et mes failles. Continuer... Comme un arbre Ce n'est peut-être pas Maudire les intempéries Mais les accueillir Dormir une courte nuit Pour recommencer le lendemain Apprendre à mourir Pour renaître. Continuer... Comme un arbre C'est peut-être me lever chaque jour Avant le jour Prête à affronter les coups du sort Prête à faire alliance avec la Vie. Je connais misère et grandeur... Le passage de la nuit au jour La fraîcheur des rivières à mes pieds Et le fruit du labeur de mes bras. Que sais-je encore? J'ai appris à m'incliner À me redresser À écouter l'Amour dans le murmure du vent... Parfois ma parure Cache mon écorce fragile Parfois encore je me dépouille Pour mieux me révéler J'ai le juste orgueil De donner l'ombre au passant Comme j'ai la fierté De mes racines profondes. Les marques de mon passé Trahissent mon âge, mes peurs et mes pensées. Voyez mes noeuds d'anxiété Mes blessures comme des branches cassées. Pourtant je m'élève malgré tout Je parfume l'air à ma façon... Le temps me couronne de fleurs À l'occasion. En vieillissant Je me souviens avec émotion De l'oisillon que j'ai bercé Et du refuge que j'ai offert Aux jeunes de mon quartier. Mes prières deviennent contemplation Car je commence à voir de loin L'horizon du lendemain. Si l'arbre est fort Il craint toujours le feu et le bûcheron De même Je frémis devant le mal, la guerre et plus que tout... Devant l'indifférence. Certains arbres Deviennent bois de chauffage Paniers de bois Feuilles de papier Bois d'ébénisterie Copeaux, gîtes, balai neuf ou lambris. Je parie que la Vie fera de moi Une petite feuille de papier fleuri... Et j'espere qu'on y écrira Un vers ou deux de poésie... D'ailleurs, je connais un homme vous savez... Qui pour avoir vécu pleinement Un temps d'agonie et de mort ...est à jamais ressuscité! Lysette Brochu  LA MAIN DU PERE Aux jours d'épreuve amère, de luttes, de douleur, Quand, sous la main du Père,Il faut verser des pleurs, Ne perdons pas courage, En paix soumettons-nous. De ce Dieu grand et sage apprenons à genoux. Dieu permet la détresse afin de nous bénir ; Jamais sa main ne blessePour nous faire souffrir. Le sarment qu'il émonde c'est celui qu'il chérit, Afin que dans ce monde il porte plus de fruit. Fidèle discipline d'un Dieu de sainteté, Où la grâce divineAbonde en fruit porté ! Tu forme sur la terre Tes bien-aimés enfants. Sois loué, tendre Père, Pour tes soins vigilants ! D'après H. Arnéra  PRIERE POUR BIEN VIEILLIR Seigneur, vous savez que je vieillis. Empêchez-moi de trop parler, et surtout empêchez-moi de donner mon opinion sur tous les sujets. Réprimez mon envie de régler les problèmes du monde entier. Donnez-moi la grâce d'écouter, avec patience, les personnes qui sentent le besoin de raconter leurs douleurs et leurs peines, que mes lèvres restent fermées, parce que mes peines et mes douleurs augmentent en nombre et en intensité et le plaisir d'en parler devientplus agréable à mesure que j'avance en âge. Enseignez-moi la grande leçon que parfois je peux me tromper. Conservez-moi un caractère agréable, je ne veux pas devenir une sainte, mais une vieille aigrie n'est pas facile à fréquenter. Aidez-moi à réfléchir, à compatir, à demeurer autonome, mais capable d'accepter gracieusement l'aide qu'on veut bien m'apporter. Libérez-moi de l'idée que parce que je suis plus vieille, je suis plus sage que les jeunes. Si je n'approuve pas tous les changements survenus dans le monde depuis ma jeunesse, donnez-moi la sagesse de me taire... Car, Seigneur, quand la fin viendra, j'aimerais bien avoir à mes côtés encore un ou deux amis. Amen! (auteur inconnu)  Ne regarde pas dans la tombe, ni derrière la tombe,car je suis devant la tombe. Regarde vers moi, dit Jésus, car je suis la résurrection et la vie Martin Kahler  ALLER VERS JÉSUS Non, ce n'est pas mourir que d'aller vers son Dieu, Et que de dire adieu A cette sombre terre, Pour entrer au séjour de la pure lumière! Non, ce n'est pas mourir que de monter au ciel, Au repos éternel, A la gloire ineffable, Après tous les combats d'un monde périssable! Non, ce n'est pas mourir, ô brebis du Sauveur, Que suivre ton pasteur Jusqu'en sa bergerie; Où tu t'abreuveras aux sources de la vie! Non, ce n'est pas mourir que d'adorer Jésus, Au milieu des élus, Célébrant sa victoire, Et d'être couronné d'allégresse et de gloire! Non, ce n'est pas mourir! Trésors de vérité, D'amour, de sainteté, 0 sources de la vie, Vous jaillirez sans fin pour mon âme ravie! César Malan (1787 -1864)
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